Dossier de presse

La lettre du Général de Gaulle

De Gaulle en 1961 (par Egon Steiner)

Le 19 Juillet 1960, à propos de Marouska, le Général de Gaulle félicite Armand Toupet par ces quelques mots : « Mon cher Toupet, vous avez refusé la défaite, refusé la captivité et vous racontez dans un style alerte et vivant, les exploits que ce double refus vous a conduit à réaliser. De tout cela, je vous fait mon compliment... »

Marouska au cinéma, Christian-Jaque et Jerzy Stawiński

Dès 1961, trois ans après la publication du roman Marouska, plusieurs producteurs s'intéressent à lui et souhaitent acquérir les droits pour l'adapter au cinéma. En avril 1963, le producteur Raymond Froment et le cinéaste Christian-Jaque (le réalisateur des films Les Disparus de Saint-Agil et de Fanfan la Tulipe) s'intéressent à leur tour au roman. Malheureusement quelques difficultés commencent à freiner l'avancée du projet : certaines personnes ne souhaitent pas qu'on cite nommément le camp de Rawa-Ruska. Pour faire avancer le dossier, Armand Toupet décide de demander une audience au Ministre des Affaires Culturelles de l'époque, le grand écrivain André Malraux. Il sera reçu le 25 avril 1963 par J. Colonna, membre du cabinet du Ministre.

Pierre Lherminier, directeur de collection chez Seghers promet alors d’œuvrer pour faire rééditer Marouska dans une grande maison d'édition, par exemple chez Julliard.

L'année 1963, Christian-Jaque tourne son film La Tulipe Noire dans les montagnes espagnoles à 80 km de Madrid. Avec lui, la star du film, un jeune acteur de 28 ans qui a reçu la consécration deux ans plus tôt grâce au film Plein Soleil, Alain Delon. Christian-Jaque correspond à plusieurs reprises avec Armand Toupet et lui répète son intérêt pour une adaptation au cinéma du roman même si Raymond Florent ne produisait pas le film. Il en a parlé à Alain Delon qui se montre intéressé par le projet.


Armand Toupet le 25 mars 1963 avec le réalisateur Christian-Jaque et sa femme Laurence Christol

Armand Toupet le 25 mars 1963 avec le réalisateur Christian-Jaque et sa femme Laurence Christol


Lettre du réalisateur Christian-Jaque à Armand Toupet

Lettre du réalisateur Christian-Jaque à Armand Toupet

En 1964, Armand Toupet décide alors de s'adresser à la Gaumont, à Paris. Son directeur Alain Poiré voyant les difficultés logistiques et les grandes dépenses qu'engendreraient un tel film décline la proposition. En 1965, Armand Toupet pense alors à une co-production franco-soviétique, Christian-Jaque n'est pas hostile à cette idée, arguant qu'il jouit d'un belle notoriété en U.R.S.S.

« Jerzy Stefan Stawinski Warsaw Poland December08 2009 Fot Mariusz Kubik 03 » par Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl — Travail personnel = Kmarius. Sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jerzy_Stefan_Stawinski_Warsaw_Poland_December08_2009_Fot_Mariusz_Kubik_03.jpg#/media/File:Jerzy_Stefan_Stawinski_Warsaw_Poland_December08_2009_Fot_Mariusz_Kubik_03.jpg

Jerzy Stefan Stawiński à Varsovie en 2009 par Mariusz Kubik (www.mariuszkubik.pl - sous licence CC BY 3.0 via Wikimedia Commons)

Lettre du réalisateur Jerzy Stefan Stawiński à Armand Toupet

Le 25 Juillet 1969, Armand Toupet se rend à Varsovie. Le polonais Jerzy Stefan Stawiński et le français Guy Pérol souhaitent à leur tour réaliser le film. 3 ans plus tard, Jerzy Stawiński et le ministre de l'époque invitent Armand Toupet à Varsovie pour réfléchir à l'adaptation de Marouska et son tournage en Pologne. Le producteur serait Jean Kerchner alors PDG du Consortium Financier de Production de Films.

Au final, le projet sera finalement abandonné après plus de dix ans de tractations et d'espoirs déçus pour le romancier berrichon qui rêvait de voir le roman de sa jeunesse porté à l'écran.

En 1994 pour Le Berry Magazine, Armand Toupet raconte un 1er Mai de son enfance

Ouvriers de la Fonderie (Collection Hervé Colas)

Ouvriers de la Fonderie (Collection Hervé Colas)

« II y a de cela une soixantaine d'années et pourtant les faits demeurent encore gravés dans ma mémoire. C'était en 1927 ou 1928, je ne saurais trop le préciser et j'avais huit ou neuf ans. À cette époque, les manifestations du premier Mai donnaient lieu à de véritables affrontements entre les masses ouvrières et les gouvernements en place. Les premiers voulaient faire de ce jour leur véritable fête du travail, arguant que toutes les autres avaient un caractère religieux et les seconds ne voulaient y souscrire à aucun prix. Toute manifestation de rue, tout défilé étaient strictement interdits et réprimés sérieusement.

J'habitais alors à Bourges dans une cour baptisée par ses occupants « Cour des miracles », sise au 27 de la rue Émile-Martin dénommée rue de Crosses, juste en face de la place du Commandant-Martin dite place du Grand Gouillat. Je me souviens très bien. Il faisait un temps magnifique et, dès neuf heures du matin, tout le monde était en émoi y compris les gosses. La manifestation devait venir de la place des Marronniers, descendre la rue de Crosses et atteindre la place du Fin Renard où se trouve notamment une des grandes portes des Établissements Militaires. »

L'immense troupe des ouvriers

« À l'heure prévue, je la vis arriver. En tête venaient les amputés de guerre dans leur petite voiture — nous n'étions qu'à dix ans de la fin de la « grande tourmente » — puis les porte-drapeaux, beaucoup de rouges et quelques-uns de noirs, fanions des anarchistes, suivis de l'immense troupe des ouvriers lesquels étaient, pour la plupart, ceux de La Fonderie et de la Pyrotechnie. Tout allait bien et le chant de l'Internationale entraînait le défilé qui, il faut le dire, paraissait assez débonnaire. Comme tous les gamins du quartier, j'entrepris de le suivre en marchant sur le trottoir. Seulement voilà : à la hauteur de l'entreprise Fradet, la gendarmerie à cheval, assistée de la troupe barrait le chemin. Moment d'hésitation. Que faire ? Se disperser comme il lui en était intimé l'ordre ? Il n'en était pas question. Et puis, tous ces manifestants n'étaient-ils pas d'anciens soldats qui, durant quatre longues années, avaient appris à se battre et à dominer leur peur ? Le refus fut catégorique. »

Manifestation place Séraucourt à Bourges, le 1er mai 1909 - antérieure au récit, mais avec un cortège impressionnant (Collection Hervé Colas)

Manifestation place Séraucourt à Bourges, le 1er mai 1909 - antérieure au récit, mais avec un cortège impressionnant (Collection Hervé Colas)

« Petit piou-piou, n'tire pas sur nous ! »

Gendarmes à cheval (Collection Milliard-Paré)

Gendarmes à cheval (Collection Milliard-Paré)

« Laquelle des deux parties en présence allait céder ? La gendarmerie ne pouvait l'envisager et elle entreprit de charger frappant de droite à gauche du plat du sabre. Les chevaux entrèrent aussi dans la foule, renversant les uns et piétinant les autres. Ce fut la stupéfaction générale remplacée aussitôt par l'instinct de la bataille. Face à l'entreprise Fradet, une belle maison était en construction avec ses échafaudages et ses tas de briques en réserve. Pour les anciens combattants, c'était un nouveau Fort de Vaux qui s'offrait à eux. Ils s'y engouffrèrent rapidement et, de là, contre-attaquèrent en se servant des briques comme ils le faisaient des grenades quand ils étaient dans les tranchées.

Ne tire pas sur nous, chanson de Montéhus

Ce fut une belle bataille. Surtout que certains, sans doute de prévoyants « anars », s'étaient munis en douce de bâtons au bout desquels ils avaient fixé des lames de rasoir leur permettant d'attaquer les pattes des chevaux et de leur couper les jarrets. Ce qu'ils firent à plusieurs reprises avec succès. Malgré cette belle défense, la maréchaussée demeura maîtresse de la situation et les manifestants bousculés dûrent remonter la rue jusqu'à la place des Marronniers... où l'armée les attendait de pied ferme. C'était trop, beaucoup trop et aux accents du chant de Montéhus : « Petit Piou-Piou, n'tire pas sur nous, nous sommes tes frères... », la dispersion se fit. En ce temps-là, le Premier Mai n'était pas seulement la tète du brin de muguet que l'on offre aux dames. »

Armand Toupet, témoin de la Bataille de Berlin

« En avril 1945, prisonnier, je me trouve à Berlin, ville en ruine. Le matin du 27 avril 1945, alors que les Russes attaquent, je suis devant le porte de Brandebourg. Un petit avion se pose sur la place. Une jeune femme en descend et fait de grands signes, demandant de l’aide pour un officier blessé au pied. C’était Hanna Reitsch et le général Von Greim. »

Propos d’Armand Toupet recueillis le 5 novembre 2004 par P.Martinat dans « le Berry Républicain »

Hanna Reitsch - Armand Toupet

Armand Toupet, le 14 mai 1966, alors qu’il prépare son fameux livre Combat pour les V1 va voir l’aviatrice allemande à Francfort pour un entretien afin de recueillir ses souvenirs de la chute de Berlin en avril 1945. À plusieurs reprises, Armand Toupet aura l’occasion de témoigner de la chute du IIIème Reich grâce aux journalistes du Berry Républicain.

En 2004, il réagira à la sortie du film La Chute, en comparant avec les événements dont il a été témoin lors de la Bataille de Berlin.

Hanna Reitsch - Armand Toupet
Hanna Reitsch à Armand Toupet

Roland Dorgelès et La Bouzoute

Roland Dorgelès (1923)

Roland Dorgelès (1923)

À la fin des années 1960, l'écrivain Roland Dorgelès, président de l'Académie Goncourt et de l'Association des écrivains combattants, félicite l'écrivain en ces mots « Cher jeune camarade, j'ai suivi avec un intérêt soutenu votre Bouzoute dans les bois et marécages de Sologne. On tremble pour elle et l'on respire quand elle s'éloigne dans la voiture des bohémiens. On tirerait de ce récit romantique un excellent film. Je le souhaite pour vous. Roland Dorgelès. »

Lettre de Roland Dorgelès à Armand Toupet

Correspondances


En avril 1967, pour faire la promotion de la Journée des Écrivains du Centre organisée à Sancerre, Armand Toupet correspond avec de nombreuses célébrités du milieu littéraire. Il envoie une invitation à l'écrivain Maurice Genevoix de l'Académie Française. L'écrivain, natif de Bourgogne décline l'invitation, retenu à Monaco, mais se déclare touché par l'invitation lui adressant ses « fidèles pensées de ligérien », habitant du Val de Loire.

Armand Toupet échange ainsi avec des personnalités de toutes sortes : Jean-Louis Boncœur, comédien, conteur et écrivain berrichon ; Pierre de Boisdeffre, directeur de la Radiodiffusion française à l’ORTF ; Roger Dion du Collège de France ; Georges Eveillé alias L'Gars Lucas, comédien poète qui représente le pays berrichon dans les cabarets de Montmartre ; Georges Blanchard, écrivain et poète nivernais ; Raoul Coutant, poète berrichon ; Georges Lubin, écrivain spécialiste de George Sand, Hélène Fuchs et Jean Drouillet, écrivains lauréats de l'Académie Française…

Promotions dans la presse


Dès 1966, la télévision régionale s'intéresse au destin d'Armand Toupet et lui consacre une émission. Plus tard, les romans Danuta et Les Clous de Satan ont le privilège de paraître sous forme de feuilletons dans la presse quotidienne régionale (Le Berry Républicain). Le roman Les Clous de Satan a également été adapté par Radio-France Berry Sud (ancien nom de France Bleu Berry) qui en a fait une fiction radiophonique à épisodes.

Croucougnousse en bandes-dessinées, le projet d'une jeune dessinatrice


En 1975, une jeune dessinatrice de Vierzon, Marie-Christine Rat, 14 ans, débrouillarde et talentueuse, se passionne pour la bédé. Élève au collège Albert Camus de Vierzon, elle participe au fanzine Déridéra de la MJC Séraucourt de Bourges avec les dessinateurs Lerouge, Albert Poglio et le célèbre Bernard Capo alors âgé de 25 ans. L'année suivante, elle décide de se lancer dans un nouveau projet avec les conseils d'Albert Poglio, dessinateur de presse (surnommé « Monsieur Arsenic ») : adapter le roman Croucougnousse en bandes-dessinées. Armand Toupet s'occupera du découpage et du scénario et la jeune dessinatrice de la mise en image.

Pour attirer les éditeurs, Marie-Christine Rat, Albert Poglio, Armand Toupet et Maxime Guénin alias Croucougnousse participent en mai 1976 au Grand Festival de Bandes Dessinées de Vierzon. Hélas, au bout de quelques mois, la jeune fille peine à mener à terme ce projet trop ambitieux pour son âge. Avec un emploi du temps chargé (entre les études, le dessin et les tâches ménagères du foyer familial), elle se décourage. Elle abandonnera son entreprise au bout d'une douzaine de pages...

Armand Toupet, Parolier

Violoniste autodidacte, amateur de musique et de poésie, Armand Toupet a été un moment tenté par une incursion dans le monde de la Chanson Française. En 1977, lors d'un radio-crochet RMC à la Foire de Bourges où il dédicace ses derniers romans, l'écrivain d'Henrichemont repère le talent d'une lycéenne berruyère originaire de Sainte-Solange, qui chante accompagnée de sa guitare. Il lui offre un texte de chanson inspiré par la volonté et la fraîcheur de la jeune artiste : le Printemps. Cette rencontre sera raconté dans un article de la Nouvelle République.

Christine Vigneron et Aarmand Toupet.jpg

Quand Armand Toupet parodiait les programmes politiques

En 1976, pendant les élections cantonales, Armand Toupet écrit dans la Nouvelle République du Centre, un « programme minimum » humoristique :

Armand Toupet s'amuse des élections cantonales - article 1976

Les mécontents de Croucougnousse

Armand Toupet et Croucougnousse

Ayant l'impression d'être ridiculisés par le roman Croucougnousse populaire dans le pays fort, quelques éminents personnages d'Henrichemont se fendent d'un communiqué, billet d'humeur au journal La Nouvelle République. Lisez plutôt >


Armand Toupet et Croucougnousse
Réactions à Croucougnousse

Armand Toupet et son public

Armand Toupet aimait dédicacer ses ouvrages dans les librairies de sa région ainsi qu’au cours de diverses manifestations culturelles : Printemps de Bourges, Salon des Écrivains Combattants à Paris, Salon de Poitiers (où il remporta deux années de suite le Prix du roman historique de Vienne) ou encore le Salon du Livre de l’Été à Metz où son livre L’Enfant à l’étoile jaune fut proclamé Lauréat du Livre de l’Été Jeunesse. Même réussite lors de la présentation de son polar L’Assassin des Dames de Metz.



N.B. : l'ouvrage dédicacé à Mme Pompidou mentionné ci-dessus est bien sûr La fille de Karl






Des inédits

Armand Toupet était un écrivain particulièrement productif. Tous ses manuscrits n’ont pas été édités. Les maisons d’édition qui souhaiteraient les lire peuvent nous contacter.

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